INVITATION / TABLE RONDE DU 09 NOVEMBRE 2016

Chers tous,

Berceau de l’humanité, le continent africain est aussi un immense espace géographique et culturel qui vit naître des écritures réputées être parmi les plus anciennement inventées sur la terre, comme les hiéroglyphes d’Égypte ou l’écriture méroïtique de la haute vallée du Nil ; s’y développèrent dès l’Antiquité d’autres systèmes, alphabétiques ou syllabiques : écritures punique et libyco-berbère, ; écritures éthiopiennes en Afrique de l’Est. Dans le continent africain, riche en systèmes de signes, l’écriture participe de toute représentation visuelle.

Si l’Afrique foisonne de langues – de 700 à 1 500 selon les critères généraux de distinction entre langue et dialecte – elle est riche aussi en alphabets et en systèmes de signes variés.

Parmi les moyens de communication couramment utilisés, il existe de nombreux codes symboliques picturaux et graphiques. La civilisation européenne, qui n’a jamais eu d’autre expérience de l’écriture que l’alphabet, a pu sous-estimer l’importance des signes graphiques, analogues aux idéogrammes chinois, dans la communication. Idéographiques, pictographiques ou abstraits, ces signes nourrissent la tradition graphique et assurent la communication. Ils sont aussi la source première d’inspiration pour les inventeurs d’écritures africaines modernes (comme le mandombé) syllabaires et alphabétiques.

La domination symbolique de l’Europe à l’époque colonisatrice s’appuie sur la prétendue supériorité culturelle et le « devoir de civilisation », l’argument d’être confronté à des peuples « sans écriture et sans histoire » a largement contribué à asseoir cette domination. L’écriture étant initialement un privilège des élites, aussi bien en Afrique qu’en Europe, elle n’était démocratisée ni du côté du colon ni du côté du colonisé au moment de l’entreprise prédatrice européenne. La déstructuration sociale et la propagande opérée par la colonisation a contribué à précipiter presque totalement ce patrimoine culturel ancestral dans l’oubli au point que bien peu se sont émancipés encore aujourd’hui du mythe des peuples africains-indiens-océaniens « sans écriture et sans histoire »

En Afrique, l’écriture est une composante centrale et essentielle du patrimoine culturel…

 

Ne ratez pas ce rendez-vous important, en présence de :

– Monsieur Amzat BOUKARI-YABARA, Docteur associé, Centre d’études africaines, EHESS, Paris. Chercheur invité à l’Université de Montréal et à l’Université Ben Gourion du Négev.